Compétitivité des ports français : ce que le rapport parlementaire retient des propositions de l'AUTF

Rapport d'information sur l'évaluation de la compétitivité des ports français
29 juillet 2026 par
Compétitivité des ports français : ce que le rapport parlementaire retient des propositions de l'AUTF
Service Communication

La commission de l'Assemblée nationale chargée d'évaluer la compétitivité des ports français a publié son rapport d'information. Si l'AUTF, auditionnée dans le cadre de cette mission, y retrouve une large part de ses analyses, on constate pourtant que certaines revendications portées de longue date par les Chargeurs restent, à ce stade, sans réponse.

Un constat de départ sans complaisance

Le rapport part d'un diagnostic sévère : en dépit d'atouts géographiques, industriels et logistiques réels, les ports français continuent de perdre du terrain face à leurs grands concurrents européens (Rotterdam, Anvers-Bruges, Hambourg, Barcelone, Gènes). Les rapporteurs attirent l’attention sur une érosion des parts de marché, une connectivité insuffisante, une multimodalité encore trop limitée, et une image de fiabilité dégradée auprès des utilisateurs.

C'est dans ce cadre que l'AUTF, qui représente les entreprises importatrices et exportatrices utilisatrices quotidiennes des ports français a été entendue par les rapporteurs.

La marchandise au centre du débat

Face à des débats souvent centrés sur les infrastructures, la manutention ou le transport maritime, l'AUTF a défendu une approche différente : celle de la défense des intérêts marchandise et des utilisateurs finaux. Pour l’AUTF, la performance d’un port ne se cantonne pas seulement à ses équipements, mais à sa capacité à offrir un passage fiable, fluide, prévisible et compétitif aux entreprises qui en dépendent.

Cette contribution s'est déclinée en plusieurs demandes concrètes :

  • Renforcer les hinterlands ferroviaires et fluviaux, pour que l'attractivité d'un port ne s'arrête plus au quai mais irrigue réellement les territoires économiques.
  • Créer des indicateurs de performance véritablement utiles aux utilisateurs, notamment un indicateur de saturation des terminaux permettant de mesurer concrètement l'impact des congestions et des blocages sur les chaînes logistiques des entreprises.
  • Accélérer la digitalisation, avec des systèmes d'information interopérables entre compagnies maritimes, terminaux, douanes, transporteurs et ports, pour un suivi en temps réel des marchandises, au bénéfice des Chargeurs.
  • Faire reconnaître et partager le coût économique des dysfonctionnements portuaires (congestions, aléas climatiques, mouvements sociaux) qui se traduisent directement par des frais de stationnement, de détention et de surestaries pour les entreprises

Ce que le rapport reprend des propositions de l'AUTF

À la lecture des quarante recommandations formulées par les rapporteurs, plusieurs convergences apparaissent avec les positions défendues par l'AUTF :

Le report modal. Le rapport recommande de renforcer les corridors ferroviaires, de soutenir le transport fluvial, d'accélérer les plateformes multimodales et de fixer des objectifs ambitieux, en écho direct aux analyses de l'AUTF.

La gouvernance. L’AUTF demandait une association optimisée des utilisateurs aux décisions et un dialogue par place portuaire impliquant tous les acteurs, notamment les Chargeurs. Le rapport recommande désormais l'ouverture consultative des conseils de surveillance des grands ports maritimes aux acteurs économiques privés, ainsi que le développement d'instances de coordination associant l'ensemble des parties prenantes.

Les indicateurs de performance. La recommandation de créer un tableau de bord complet de la compétitivité portuaire, intégrant à la fois les coûts du passage portuaire et la qualité du service rendu, constitue l'une des reprises les plus significatives des propositions de l'AUTF.

La digitalisation. Le rapport préconise un Port Community System harmonisé entre grands ports et plateformes multimodales, ainsi qu'un effort renforcé sur l'interopérabilité des données et la sécurisation des systèmes numériques.

La fiabilité sociale. Les rapporteurs reconnaissent explicitement l'impact des mouvements sociaux sur l’attractivité et l’image des ports français, et proposent la mise en place de plans de continuité d'activité garantissant un niveau minimal de service en cas de grève ou de blocage.

Ce qui reste à obtenir : le principal point de vigilance de l'AUTF

Malgré ces avancées, un sujet central pour les Chargeurs demeure sans réponse opérationnelle : la répartition des coûts liés aux dysfonctionnements portuaires.

L'AUTF défend depuis plusieurs années le principe selon lequel les frais générés par les congestions, les blocages ou les grèves ne devraient plus être supportés majoritairement par la marchandise et par les Chargeurs, mais faire l'objet d'une répartition équilibrée entre l'ensemble des maillons de la chaîne maritime et portuaire.

Or, si le rapport reconnaît l'existence de ces coûts et leur impact sur la compétitivité, aucune recommandation ne prévoit à ce stade :

  • ni la suspension automatique de ces frais en cas de blocage,
  • ni leur répartition obligatoire entre les différents acteurs concernés.

De même, la mise en place d’un l'indicateur officiel de congestion ou de saturation du passage portuaire, susceptible de déclencher des mécanismes correctifs, n'a pas été reprise de façon explicite, même si le principe général d'un renforcement des indicateurs figure bien dans les recommandations.

Enfin, l'AUTF continue de plaider pour que les ports français soient évalués moins sur leur capacité théorique que sur leur capacité réelle à garantir continuité, prévisibilité et compétitivité aux chaînes logistiques qui en sont les usagers au quotidien.

Des enjeux entendus mais un débat qui continue

Report modal, hinterland, digitalisation, gouvernance, indicateurs de performance, qualité du passage portuaire, continuité de service : autant de sujets portés par l'AUTF qui figurent désormais parmi les priorités identifiées par le l’Assemblée nationale.

La mobilisation de l'AUTF ne s'arrête cependant pas là. Le partage des coûts liés aux dysfonctionnements portuaires et la responsabilisation de l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique restent, aux yeux de l'association, des enjeux déterminants pour restaurer durablement la confiance des entreprises dans les ports français.

L'AUTF continuera de porter ces sujets auprès des pouvoirs publics et des acteurs du secteur, pour que la voix des Chargeurs soit non seulement entendue, mais aussi pleinement prise en compte.

L'AUTF tiendra ses adhérents informés des suites données à ce rapport et des prochaines étapes du dialogue avec les pouvoirs publics et les acteurs portuaires.


Consulter le rapport d'information




Service Communication 29 juillet 2026
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